Schéma des opérations réalisées par le réseau de serveurs d'empaquetage automatique

Au cœur du système se trouve la base de données wanna-build, qui suit les versions et les états des paquets. quinn-diff compare chaque jour les listes de paquets pour les architectures cibles avec la liste des paquets sources et alimente la base de données avec la liste des paquets qui nécessitent un nouvel empaquetage et se retrouvent dans l'état Needs-Build.

Tous les services d'empaquetage (il peut y en avoir plus d'un) font régulièrement des requêtes à la base de données à la recherche de ces paquets et en prennent quelques-uns qui se retrouvent dans l'état Building. Évidemment, des personnes peuvent aussi prendre elles-mêmes des paquets, par exemple dans le cas particulier où l'empaquetage automatique n'est pas possible. C'est là qu'apparaît le deuxième objectif de wanna-build : il assure que la même version d'un paquet ne sera pas empaquetée deux fois.

Schéma des serveurs d'empaquetage automatique

Figure : États et transitions des paquets

Si tout se passe bien, un paquet terminé peut être envoyé plus tard, ce qui constitue un autre état Uploaded. Après cela il sera finalement installé dans l'archive Debian afin qu'il apparaisse dans la liste mise à jour des paquets de l'architecture cible. Cette liste sera intégrée à la base de données, tandis que le paquet se retrouvera dans l'état Installed et y restera jusqu'à la version suivante du paquet source.

Il existe de nombreux autres états ; par exemple : Failed correspond aux paquets dont l'empaquetage a échoué à cause d'erreurs dans les sources, erreurs qui sont censées être réparées dans une version suivante (après rapport du problème, évidemment). Ainsi une nouvelle version entrera directement dans l'état Needs-Build, mais avec l'avertissement qu'il s'est produit une erreur dans la version précédente. Dans cet état, une description de l'erreur est stockée. L'état Dep-Wait est utilisé quand un paquet a besoin d'autres paquets pour être empaqueté mais que ceux-ci ne sont pas encore disponibles et doivent être empaquetés d'abord. Cet état stocke une liste des paquets requis et leurs versions si besoin est, et dès que ceux-ci sont dans l'état Installed, le paquet initial reprend l'état Needs-Build.

Comme nous l'avons déjà vu, le service d'empaquetage récupère des paquets de la base de données afin de les empaqueter. Regardons ce qui se passe de plus près : s'il a quelques paquets à empaqueter, il utilise sbuild pour le processus effectif d'empaquetage, et pour chaque empaquetage, un journal est envoyé par courriel au responsable du service. Celui-ci vérifie le journal et décide ce qu'il faut faire avec le paquet : soit l'envoyer, soit le passer à l'état Failed ou Dep-Wait, soit réaliser quelques ajouts à la liste des dépendances du paquet source et retenter l'empaquetage, etc. Si un avis positif est reçu, le service transfère le paquet dans un répertoire d'envoi, d'où tous les paquets sont régulièrement et automatiquement envoyés.

Lire les fichiers de journaux représente la seule intervention humaine de tout le système si aucune erreur ne se produit. Il y a deux bonnes raisons pour ne pas automatiser cela encore plus : d'abord, les empaquetages se terminent parfois par un résultat « OK », l'empaquetage ayant néanmoins échoué pour des raisons qui sont invisibles à la machine. Ensuite, un envoi direct nécessiterait de signer automatiquement avec PGP les fichiers obtenus avec une clé sans mot de passe (« passphrase ») sur la machine d'empaquetage. Cela serait considéré comme une faille de sécurité inacceptable.

Le script d'empaquetage sbuild ne fait plus ou moins qu'appeler quelques outils standards de Debian pour compiler les sources. Il aide aussi lors de certaines tâches communes et lors de certains comptes, mais il se différencie surtout par la gestion des dépendances des paquets sources. Souvent des paquets ont besoin d'autres paquets installés, comme des compilateurs et des bibliothèques, pour pouvoir être compilés. Il n'est pas pratique que ces paquets soient installés en permanence, et souvent, cela n'est pas possible pour des raisons de conflits. Actuellement, les dépendances des paquets sources disent simplement à sbuild quels sont les paquets nécessaires pour chaque paquet à empaqueter. Il peut alors les installer automatiquement avant l'empaquetage et les supprimer juste après.

La liste de dépendances du paquet source peut aussi en partie être générée automatiquement, en regardant les dépendances du paquet binaire générées par le paquet source. C'est le boulot d'andrea, qui analyse la liste des paquets i386 afin d'obtenir les dépendances et d'associer les paquets de bibliothèque aux noms des paquets de développement. Il fusionne aussi les résultats avec les additions manuelles, pour les choses qui ne peuvent pas être générées automatiquement, comme les compilateurs ou des outils particuliers.


Contenu développé par Roman Hodek pour le 6 ème « International Linux-Kongreß » de 1999